Un dimanche matin à Marseille

Renaud
avec Jean-Benoît Terral, Charles Berling
Franck n'a pas fermé l'œil de la nuit, c'est le premier jour de sa trithérapie

Il se lève, prend son traitement et finit par retrouver le sommeil. Quelques heures plus tard, il est réveillé par la sonnerie du téléphone ; un ami lui propose d’aller à la plage.

"Renaud" est le troisième opus de la trilogie "Un dimanche matin à Marseille", trois courts métrages de sensibilisation à la solidarité avec les personnes touchées par le virus du sida produits par Charles Berling et l’association Aides Provence

Aden / 3 courts qui en disent long
Sous le titre commun Un dimanche matin à Marseille, trois films de moins de cinq minutes combattent le sida. Remarquable.

Comment parler encore du sida ? Sans ennuyer. Sans être didactique. Tout en faisant passer un message d’urgence. Michel Bourrelly, de l’association Aides, à Marseille, a trouvé. Il a confié la réalisation de trois films courts à Mario Fanfani, un jeune réalisateur encore inconnu. Mais plus pour longtemps…
Sous le titre commun Un dimanche matin a Marseille, se cachent, malgré leur durée lilliputienne, trois vrais films. Avec des personnages qui s’imposent sans heurts ni explications. Avec des situations ordinaires, qui en disent long avec très peu. Et surtout avec une mise en scène remarquable, qui sait jouer du cadre autant que de la durée d’un plan et laisse à la sensibilité des acteurs une place égale à celle de la caméra. « Il fallait que chaque spectateur puisse trouver une petite place dans ces histoires, explique Mario Fanfani. Surtout ceux qui a priori ne se sentent pas concernés. Pour parler d’homosexualité ou de drogue, le danger était d’être trop caricatural, ou au contraire, trop suggestif. Je ne montre pas des homos ou des toxicos entre eux mais plutôt des mondes différents qui se rencontrent : un homo et un hétéro ; une toxico et une bourgeoise ; une Maghrébine face à son voisin pied-noir . »
A chaque fois, se produit un heurt, une résistance. Une méfiance. Puis un court moment où l’acceptation et l’ouverture sont possibles. Les trois films se terminent sur ce même élan. Et par un slogan :« Pour le sida. Aujourd’hui. on peut beaucoup : mais rien sans vous ». Mais il a été ajouté en fin de parcours, précise le cinéaste. Ce n’est pas ça qui a dicté les scénarios. Le projet s’est construit hors de toute pression extérieure. Pas d’agence de communication, ni de pub, ni de ministères pour nous donner la « ligne" Ceux qui nous ont aidé (la direction générale de la santé, les conseils régionaux...) sont arrivés en fin de parcours. Aucun concept précuit. Plutôt de minuscules moments de vie, dont Mario Fanfani parvient à restituer tout le prix. Détail signifiant ; ici, aucun pittoresque. Pas de Marseille cosmopolite ni d’accent chantant, ni de calanques, mais des personnages isolés, la douleur à nu, les yeux ouverts. qui parviennent sans bruit à faire passer l’essentiel.

Scenario : Mario Fanfani, Jean Benoit Terral
Musique : Véronique Fiszman

Production :
HB Productions / Charles Berling / Aides Provence

Production Déléguée :
Mandala Productions / Francine Jean-Baptiste